Nous nous faisons l’écho de poèmes, odes et autres textes dédiés à l’arbre éternel et ses produits. Un grand merci et nos félicitations aux écrivains inspirés !
OLIVE
Olive,
Olive, olive,
Je veux te faire une confidence,
Ce n’est pas Marius ma préférence.
C’est toujours la fraîche mine
Qui domine sur toutes nos collines,
Et, c’est ta prestance envoûter
Qui fait prendre son pied,
A OLIVIER.
Olive,
Olive, olive,
De Marseille, la galéjade
Pour tous ceux qui s’en fardent,
Me semble bien trop fade,
Contrairement à toi, la sainte nitouche,
Car, en dansant dans ma bouche,
Notre dame, je la garde,
Toujours celle qui fait prendre son pied,
A OLIVIER.
Olive,
Olive, olive,
Lorsque par la meule, tu acceptes d’être écrasée,
Pour un autre grand destin,
Te voilà si brillamment bien liquéfiée
Que tu deviens maîtresse de tous nos festins.
A Nyons, ton appellation de renom,
Tous, hautement, nous la revendiquons,
Et, c’est encore elle qui fait prendre son pied,
A OLIVIER.
Olive,
Olive, olive,
Même quand la confrérie intronise,
Pour leurs valeurs, leurs expertises,
Des impétrants aux blanches chemises,
C’est quand même toujours toi qui sur notre table,
Sans aucune contestation, est la vraie notable.
Et c’est également cette légitime fierté
Qui continue à faire prendre son pied,
A OLIVIER.
Olive,
Olive, olive,
Si le pied
D’OLIVIER,
Sur toutes ses séculaires branches
Expose toutes les rondeurs à la pluie,
Dans le cadre de nombreuses intempéries,
Nous savons que tu resteras toujours Olive et Tanche
Voilà autant de raisons pour que, sur toi, je m’épanche.
Merci, grâce à toi, pour nos agapes, c’est toujours dimanche.
François FLOURET

LOU REBROUNDAIRE L’élagueur
Aro que lou cant de la grivo Maintenant que le chant de la grive
Devino la fin de l’ivèr, Annonce la fin de l’hiver,
Que fague clar, que fague nivo, Que le ciel soit clair ou nuageux,
Li rebroundage soun dubert. Les élagages vont commencer.
Mau grat que vegues, rebroundaire, Bien que tu vois, élagueur,
L’herbage èstre encaro frounsi, L’herbe encore flétrie,
As ges d’autre travai à faire Tu n’as pas d’autre travail à faire
Que d’amoula lèu toun fauci Que d’aiguiser ta serpe.
Se dis qu’en tout tèms l’on se manco, On dit que souvent nous nous trompons
De rèn de fes l’on es bleima : Pour un rien on nous blâme
Vai plan, qu’en coupan uno branco Fais attention de ne pas déformer l’arbre
L’aubre noun siegue desfourma. En coupant une branche.
Aviso-te bèn di jitello, Prends grand soin des jeunes pousses
Que, quand tout pantaio l’amour, Car, quand tout est amour,
Li pousquen vèire que plus bello Étant blanches de fleurs,
Estènt tóuti blanco de flour. Nous puissions les voir encore plus belles.
Davans de mounta sus l’escalo, Avant de monter sur l’échelle
Saches que deves reflechi, Tu dois bien réfléchir,
Un brout que d’amount se rebalo Une branche qui pousse de travers
Empacho l’aubre de trachi. Gène l’arbre dans sa croissance.
La man permenant dins la ramo, La main cherche dans la ramée
Quichant sus quauque fretadou, Elle trouve des branches frottantes,
Temouin d’uno ardour que t’enflamo, Ne te laisse pas emporter par ton ardeur
Douno-te siuen di portadou. Fais attention aux rameaux porteurs.
De baisso que van penjouleto Des branches qui pendent
Flouretejant quasi lou sòu, Frôlant presque le sol
Laisso-lei toumba verdouleto Laisse-les tomber, bien vertes,
E proun ramudo se se pòu, Avec de beaux rameaux si tu peux.
Se vos que lis óulivarello, Si tu veux que les olivarelles
Cantant si refrin matinié, En chantant leurs refrains matinié,
Sens li vèire tant jougarello Et en les voyant si joyeuses,
Agon lèu empli si panié. Aient vite rempli leurs paniers.
Tout en countuniant la rebroundado Tout en continuant l’élagage
Souvènt emé lou Vènt Terrau, Souvent avec le mistral
Que de mounte as toumba uno broundo Que là, où tu as coupé un rameau,
À l’aubre noun laisso un grand trau : Sur l’arbre il n’y aie pas un grand vide :
Car aguènt tant faugu d’annado Car il a fallu tant d’années
Pèr que lou vegues majestuous Pour que tu le vois aussi majestueux
D’uno branqueto debanado Que d’avoir fait tomber cette branchette
N’en pourriès èstre regretous Tu pourrais le regretter.
Charloun Rieu Traduction Vally Laget-Blanc